mardi 11 novembre 2008

Bye Bye Washington... Hello New York



"Ici Washington", c'est fini. Après dix mois penché sur mon ordinateur portable à vous faire partager mes réflexions, commentaires, humeurs etc... sur cette passionnante campagne présidentielle américaine, j'ai choisi de me débrancher. Merci à tous mes lecteurs assidus ou intermittents et particulièrement à ceux qui ont posté leurs commentaires sur mes commentaires (il m'est arrivé parfois d'écrire des commentaires sur des commentaires de mes commentaires, mais cela s'est produit très rarement). Je me suis efforcé pendant cette campagne de résister à l'Obamania, à la Hillarymania (j'avais un faible), à la McCainmania (pas trop difficile), à la Palinmania (je vous conseille de revoir l'entretien désastreux avec Katie Couric).

Je suis parti pour de nouvelles aventures. Après cinq années à Washington, je me suis installé à New York. Rendez-vous donc en 2012 pour mon nouveau blog "Ici New York".

vendredi 7 novembre 2008

Ce douloureux problème

Cela devait arriver et les journalistes du magazine satirique The Onion ont été les premiers à signaler ce douloureux problème observé aux Etats-Unis après la victoire de Barack Obama mardi 4 novembre. Des hordes d’Obamaniaques errant dans les rues sans but, ne sachant plus de quoi parler. « La fixation sur Obama est allée si loin pour certains supporters qu’ils ont perdu la capacité de traiter les informations qui ne concernent pas Obama », explique la journaliste dans cette vidéo. Elle a même réussi à trouver un supporter continuant à faire campagne pour Obama au lendemain de l’élection.



Et en plus, il va falloir faire face dans quelques mois à une vague de bébés appelés Barack, déclare consternée la présentatrice.

mardi 4 novembre 2008

Et oui, c’est possible

Il est 23h00 et la chaîne ABC vient de donner Barack Obama vainqueur de l'élection présidentielle. Dès le début de la soirée, la tendance s'était orientée rapidement en faveur du candidat démocrate. La Pennsylvanie, l’Ohio, le Michigan, le Nouveau-Mexique, ces Etats-clés tombaient les uns après les autres.

C'est la fête à Harlem, à Times Square à New York, et à Grant Park à Chicago.

Cette vidéo à succès du chanteur will.i.am a bien capté l'enthousiasme qui a porté Obama depuis le début de sa campagne présidentielle et qui a fait de lui le prochain président des Etats-Unis.

dimanche 2 novembre 2008

Palin adooooorrre Sarkozy

« C’est si bon de vous entendre », s’exclame Palin, parlant à celui qu’elle croit être le président français Nicolas Sarkozy. « Nous avons tellement de respect pour vous, John McCain et moi-même. On vous adore ». Le faux Sarkozy évoque son conseiller en politique étrangère Johnny Halliday et déclare avoir adoré le film porno mettant en scène une sosie de Palin, sans que la candidate ne réagisse. Le canular est l’œuvre de deux comédiens canadiens, Les Justiciers masqués, et la conversation téléphonique a été diffusée sur une radio de Montréal.

« Je pense que vous serez un jour présidente », dit le faux Sarkozy. « Peut-être dans huit ans », répond la vraie Palin. On apprend aussi qu’elle adooooorrre Carla Bruni. « J’attends de travailler avec vous et de vous rencontrer en personne ainsi que votre femme qui est tellement belle », dit-elle enthousiaste.

mercredi 29 octobre 2008

Starlettes

Le monde impitoyable des starlettes semble bien encombré ces temps-ci.

On apprend ainsi que « Joe le plombier » compte surfer sur sa soudaine célébrité acquise lors du dernier débat entre Barack Obama et John McCain. Selon le quotidien en ligne Politico, Samuel Joe Wurzebacher pourrait quitter sa profession de plombier pour se lancer dans une carrière d’artiste et enregistrer un disque de musique country. Le succès n’est toutefois pas garanti. Wurzelbacher sait chanter et “gratter une guitare” mais il n’est pas un musicien accompli, prévient Jim Della Croce, un responsable de la firme de relations publiques de Nashville, avec qui il est en contact.

Se sentant sans doute un peu menacée par cette célébrité d’un nouveau genre (même pas riche), Paris Hilton tente de ne pas se faire oublier. En août, elle avait diffusé une vidéo se moquant de John McCain qui l’avait utilisée dans un clip électoral pour faire une association peu flatteuse avec son adversaire démocrate Barack Obama. McCain accusait Obama de n’être qu’une starlette de plus, comme Paris Hilton et Britney Spears. Paris Hilton vient de récidiver. Sans doute pour ne pas se faire oublier.



En ces temps de crise et de récession économique, l’héritière de la chaîne d’hôtels de luxe pourrait avoir plus de mal à séduire. Trop dur la crise financière !

Et en plus, il faudra qu’elle compte à l’avenir sur la candidate républicaine à la vice présidence, Sarah Palin. Celle-ci a prévenu dans un entretien à la chaîne ABC News qu’elle avait bien l’intention de rester impliquer dans la politique au niveau national même si le ticket qu’elle forme avec John McCain perd mardi l’élection présidentielle. « Je ne fais pas cela pour rien », a répondu Palin à la journaliste qui lui demandait si elle allait retourner en Alaska et y rester en cas de défaite le 4 novembre.

lundi 27 octobre 2008

En attendant la Joemania

C’est la dernière ligne droite et les chances du républicain John McCain de devenir président devenant chaque jour un peu plus minces, les journaux américains se bousculent pour annoncer leur soutien à son adversaire démocrate Barack Obama. Lundi 27 octobre, Obama avait reçu le soutien de 194 journaux, contre 82 pour McCain, selon le décompte du magazine Editor & Publisher. En 2004, le candidat démocrate John Kerry avait reçu 213 soutiens contre 205 pour George W. Bush.

Même le lobby du bacon (enfin disons, un groupe d’amateurs éclairés) a annoncé son soutien à Obama, comme vous pouvez le voir dans cette vidéo tournée très récemment à Denver (Colorado).



En attendant, les républicains préparent leur revanche. Ils ont déjà trouvé leur héros pour les prochaines élections : Samuel Joe Wurzelbacher, dit « Joe le plombier », transformé en symbole de l’Amérique conservatrice qui souffre par le candidat John McCain lors de son dernier débat avec Barack Obama. Joe a annoncé il y a quelques jours qu’il se tâtait pour se présenter comme candidat au Congrès en 2010 face à l’élue démocrate sortante Marcy Kaptur dans un district de Toledo (Ohio).

Les républicains préparent certainement la Joemania sur fond de musique country. Et qui sait, Joe sera peut-être candidat à la présidentielle en 2012.

jeudi 23 octobre 2008

La colère de l’homme blanc

Barack Obama a fait très attention pendant toute cette campagne électorale à ne pas apparaître comme « l’homme noir en colère », nouveau Malcom X se battant contre la suprématie blanche. Face aux attaques de son adversaire John McCain lors des débats, il a toujours gardé son calme, soucieux de ne pas apparaître énervé et de ne pas inquiéter certains électeurs blancs en activant leurs préjugés. Plutôt que d’attaquer McCain et les républicains, sa priorité est de ne pas dissuader les électeurs blancs américains et les minorités autres que les Africains-Américains de voter pour lui. Et il a plutôt bien réussi pour l’instant, comme le montrent les sondages.

En revanche, McCain a du mal à masquer sa rage et nous avons découvert une nouvelle catégorie, « l’homme blanc en colère ». Avec la défaite qui s’annonce, certains supporters de McCain se lâchent dans les meetings, leur rancœur explose. C’est la peur du petit blanc, cette classe ouvrière blanche qui souffre économiquement et qui voit avec horreur la perte de ce qu’elle considère comme l’ultime privilège face aux minorités, l’appartenance à la communauté blanche. Comme on peut le voir dans cette vidéo tournée lors d’un meeting de la colistière de McCain, Sarah Palin, à Johnstown (Pennsylvanie), la haine est à nue et l’angoisse est perceptible.



Et les chiffres du bureau du recensement américain confirment l’angoisse d’une partie de la communauté blanche qui a du mal à accepter la perte d’un statut jugé privilégié. Les minorités aux Etats-Unis, qui représentent actuellement un tiers de la population américaine, en constitueront la majorité en 2042. La communauté blanche ne sera plus alors qu’une communauté parmi d’autres, même si elle restera la plus importante pour un moment. La probable élection de Barack Obama est certainement déjà en partie le résultat de ces changements démographiques en cours.

On n’a pas fini d’entendre parler de « l’homme blanc en colère » et son nouveau héros « Joe le plombier ».

dimanche 19 octobre 2008

Obamania, tournée mondiale : Japon

Barack Obama a un groupe de supporters au Japon, dans le petit village de pêcheurs d’Obama (cela veut dire petite plage en japonais) et selon le magazine New Yorker, l’Obamania s’est emparée d’une partie du village depuis plusieurs mois. Le « Groupe de soutien Obama pour Obama » a enregistré une chanson à la gloire du candidat démocrate à la présidentielle américaine, « Obama is beautiful world ».

« La mer s’étend très loin et le soleil qui brille reflète l’avenir de ton pays, l’Amérique… / La-la-la-la Obama !/ Obama est un monde magnifique !/ Obama est numéro un ».

Les paroles passeront sans doute à la postérité.

jeudi 16 octobre 2008

La rançon de la gloire

Tout est parti d’une rencontre le week-end dernier avec Barack Obama qui faisait campagne dans les environs de Toledo, dans l’Ohio. Joe Wurzelbacher, 34 ans, a interpellé le candidat démocrate s’inquiétant de devoir payer plus d’impôts avec son projet de petite entreprise de plomberie.



Lors de son débat mercredi avec Obama, le candidat républicain John McCain a fait de « Joe le plombier » une icône de l’esprit d’entreprise, héros de l’Amérique républicaine, menacée par le programme fiscal du candidat démocrate.

Mais toute gloire a sa rançon et Joe le plombier se serait peut-être passé de ce coup de projecteur sur sa vie. Le New York Times révèle ainsi que Joe n’a jamais eu de licence de plombier, ce qui est pourtant requis pour exercer cette profession dans la région de Toledo, et il n’a jamais terminé son apprentissage de plombier. Il se plaint du poids de la fiscalité mais les documents publics indiquent qu’il est en retard dans le paiement de ses impôts. “Je suis en quelque sorte Britney Spears ayant mal à la tête”, a-t-il dit à l’agence Associated Press.

Quand on vous dit que c’est vraiment dur d’être une célébrité.

Joe, si tu es là

Le héros du débat entre le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, et personne ne pouvait le manquer, a été « Joe le plombier ». Dès le début, McCain a pris à témoin ce personnage réel rencontré récemment par Obama et devenu dans la bouche du candidat républicain l’incarnation de l’Américain moyen (blanc), son « vieux pote, Joe le plombier ». « Joe, je veux vous dire. Je vais non seulement vous aider à acheter cette entreprise dans laquelle vous avez travaillé toute votre vie mais je vais aussi garder vos impôts à un niveau bas ». Entre parenthèses, il semble que les responsables politiques des deux côtés de l’Atlantique font une fixation sur les plombiers. Le « plombier polonais » était en effet devenu en France un épouvantail créé par les adversaires de la Constitution européenne lors du référendum sur la question en 2005.

Obama ne s’est pas laissé faire et a aussi pris à témoin Joe le plombier, avec sans doute moins de talent que McCain, mais l’essentiel étant qu’il ne l’a pas laissé occuper le terrain de la complicité avec l’Amérique blanche : « Je viens juste de décrire mon plan. Et je suis heureux de te parler, Joe, si tu es là » (la grande question que toute l’Amérique qui a regardé le débat se pose est : est-ce que Joe était devant sa télé ce soir-là ?).

McCain a aussi tenté la complicité avec l’animateur Bob Schieffer, un Américain blanc âgé, lui jetant des regards étonnés et exaspérés quand Obama parlait, comme s’il voulait le prendre à témoin des supposées énormités que disait le candidat démocrate. « Zéro ? », s’est exclamé McCain, semblant ne pas croire ce qu’Obama venait de dire (le candidat démocrate venait d’affirmer que dans son plan de couverture santé, il n’y aurait pas d’amendes : « Joe, si tu es là. Voici ton amende : zéro ». Et McCain de réagir comme si un énorme mensonge venait d’être proféré : “Si vous êtes là, mon ami, et que vous avez des employés et que vous avez des enfants, si vous n’adoptez pas le plan de couverture santé du sénateur Obama, il va vous coller une amende ».

McCain a tenté également l’exaspération face à l’éloquence d’Obama, voulant résumer le candidat démocrate à ses seuls talents d’orateur, comme si cela expliquait sa défaite annoncée. « J’admire beaucoup l’éloquence du sénateur Obama et vous devez vraiment prêter attention aux mots. Il a dit, « nous regarderons » le forage offshore. L’avez-vous noté ? “Regarder”. Nous pouvons procéder à des forages maintenant ». Et à un autre moment sur l’avortement : “ Encore une fois, l’exemple de l’éloquence du sénateur Obama. La santé de la mère a été utilisée par le mouvement pro-avortement en Amérique pour signifier pratiquement tout ».

McCain a tenté aussi l’outrage, en se disant scandalisé par les clips électoraux négatifs du candidat démocrate : « le sénateur Obama a dépensé plus d’argent dans des publicités négatives que n’importe quelle autre campagne politique dans l’histoire, et je peux le prouver ». Mais Obama ne s’est pas laissé faire : “Je pense que si vous regardez les impressions des Américains, Bob, votre chaîne vient de réaliser un sondage qui montre que deux tiers des Américains pensent que le sénateur McCain mène une campagne négative contre un tiers s’agissant de la mienne. Et 100%, John, de vos publicités, ont été négatives. » McCain l’a attaqué également sur son renoncement au financement public pour sa campagne électorale, son refus de participer avec lui à des débats devant des panels d’Américains, ses liens avec le radical d’extrême gauche Bill Ayers, etc… Mais Obama s’est calmement expliqué.

Toutes les attaques semblaient glisser sur Obama à ce débat. McCain a tenté diverses tactiques pour le déstabiliser dans un effort désespéré pour renverser la tendance qui donne actuellement une nette avance dans les sondages au candidat démocrate. Mais Obama a paré les coups avec aisance et il affichait tout au long du débat le large sourire de celui qui sait qu’il va gagner et que son adversaire ne peut pas grand-chose contre lui.

Joe si tu lis ce blog, n'oublie pas d'aller voter.

dimanche 12 octobre 2008

Le vieil homme amer

Sarah Palin ne cesse de répéter qu’elle forme avec John McCain un duo de « non-conformistes » qui changera l’Amérique s’ils accèdent à la Maison Blanche, mais ce n’est pas l’impression donnée actuellement par le candidat républicain, qui a plutôt l’air d’un vieil homme désireux de maintenir coûte que coûte le statu quo alors que le monde bouge autour de lui. Désespérément, il essaie de faire entrer la réalité dans le cadre idéologique républicain hérité de l’ère Reagan mais ces efforts apparaissent de plus en plus vains avec l’explosion de la crise financière.

Entêtés, Palin et McCain répètent le credo républicain de diminution des impôts et de réduction du rôle de l’Etat, au moment où leurs amis de l’administration Bush renoncent dans l’urgence à l’idéologie et nationalisent partiellement des banques américaines. Entêté, McCain parle d’augmenter la production américaine de pétrole en levant un moratoire sur les forages offshore aux Etats-Unis alors que le changement climatique met de plus en plus de dirigeants du monde entier d’accord sur la nécessité de développer les énergies renouvelables au lieu de continuer à brûler les énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre.

Depuis plusieurs semaines McCain est apparu agressif, tentant de déstabiliser son adversaire par des diversions tactiques (choix de Sarah Palin comme colistière, suspension temporaire de sa participation au premier débat sous prétexte de la crise financière, attaques sur les liens d’Obama avec l’activiste radical Bill Ayers qui avait participé à une campagne d’attentats à la bombe contre des bâtiments publics dans les années 1960 et 1970…) mais sur le fond, il ne propose pas grand-chose de nouveau, si ce n’est de poursuivre la politique du président George W. Bush.

Désemparés, c’est bien le mot pour qualifier les républicains qui voient que le pouvoir est en train de leur échapper. Mais la brutalité et la haine qui ressortent des réactions de certains d’entre eux montrent qu’il y a beaucoup plus que cela en jeu. Les républicains sont en train de perdre leur domination culturelle. Juste retour de balancier. Cela fait bientôt 30 ans que leur idéologie du laissez-faire a contaminé toute la société américaine, y compris les démocrates. Il y a quelques jours, McCain a tenté, avec plus ou moins de succès, de contenir une explosion raciste de ses supporters à un meeting. Une femme dans l’assistance a assuré avoir entendu dire que Barack Obama était arabe (sans doute à cause de son deuxième prénom, Hussein) et d’autres supporters ont crié qu’il était un « terroriste » et qu’il conduirait le pays au socialisme. La peur viscérale de l’Amérique blanche qui n’ose pas dire ouvertement qu’elle ne veut pas d’un président noir. Et c’est sur cette peur que McCain peut encore espérer gagner.



John McCain pense que l’Amérique est immuable. On verra le 4 novembre si les électeurs lui donnent raison.

jeudi 9 octobre 2008

Celui-là

Lors du premier débat avec son adversaire démocrate Barack Obama, John McCain avait passé son temps à ne pas le regarder et à lancer ses attaques en regardant l’animateur Jim Lehrer. Le comportement avait quelque chose d’insultant et de condescendant. L’attitude de McCain ne doit rien au hasard, semble-t-il, comme le montre cet extrait de la fin du deuxième débat mardi entre les deux candidats à la présidentielle. McCain refuse ostensiblement de serrer la main d’Obama et pointe du doigt sa femme à la place.



Des commentateurs n’ont pas manqué de souligner que McCain avait utilisé l’expression « celui-là » en parlant d’Obama lors du débat. Pas très courtois. Le « celui-là » en question a actuellement de bonnes chances de devenir le prochain président des Etats-Unis. McCain se rappellera alors peut-être de son nom.

mardi 7 octobre 2008

Ra-ssu-rants

Barack Obama et John McCain s’étaient visiblement donné le mot pour apparaître le plus rassurant possible. En ces temps difficiles, où les économies occidentales semblent plonger à toute vitesse vers la récession, ils n’ont sans doute pas jugé utile de rajouter à l’angoisse des électeurs en se lançant dans un affrontement verbal tendu. John McCain, surtout, a abandonné le ton très agressif qu’il avait adopté lors du premier débat à l’égard de son adversaire démocrate pour un ton plus posé et un débat de fond destiné à répondre aux questions du panel d’électeurs qui se trouvaient devant eux. Le débat était sérieux, jusqu’à l’ennui. Mais après le débat consternant entre les candidats à la vice-présidence Joe Biden et Sarah Palin, cela avait quelque chose de réconfortant. On n’avait vraiment pas besoin d’une nouvelle prestation de mauvais acteur de sitcom à la Sarah Palin. Le spectacle avait disparu (pas de gros clins d’œil) mais on avait l’impression d’être revenu à la réalité.

Pas de ‘cowboy attitude’ pour les deux candidats en politique étrangère, ce qui avait quelque chose de rafraichissant après des années à entendre des expressions gonflées à la testostérone comme, «Dans l’ouest il y a une vieille affiche qui dit : ‘Recherché : mort ou vif ‘ » (c’était à propos d’Oussama ben Laden et jusqu’à preuve du contraire, cela n’a pas été très efficace puisqu’il n’a pas été attrapé) ou encore, “qu’ils viennent se battre”, à l’attention des Irakiens qui attaquaient les soldats américains à l’été 2003 (cinq ans après, les troupes américaines sont toujours en Irak).

Obama et McCain n’ont pas roulé des mécaniques, ni montré qui savait parler le plus fort ou bombait le mieux le torse. Au contraire, McCain le républicain a donné des leçons de diplomatie au démocrate Obama : « Le sénateur Obama aime parler fort. Il a dit qu’il était prêt à attaquer le Pakistan. Extraordinaire. Si vous êtes un pays et que vous essayez d’obtenir le soutien d’un autre pays, alors vous voulez faire tout votre possible pour agir de façon coopérative. Quand vous annoncez que vous allez lancer une attaque dans un autre pays, il est plutôt évident que vous obtenez l’effet que cela a eu au Pakistan : cela tourne l’opinion publique contre nous … Nous avons besoin d’aider le gouvernement pakistanais dans le Waziristan, où je suis allé, une région très rude, à obtenir le soutien de la population et la faire travailler avec nous et se retourner contre les cruels talibans. Et en travaillant et en coordonnant nos efforts ensemble, pas en menaçant de les attaquer, mais en travaillant avec eux, et quand cela est nécessaire utiliser la force. Parler doucement mais avoir avec soi un gros bâton (big stick). » « Personne n’a appelé à envahir le Pakistan », s’est empressé de rétorquer Obama au jeu de, plus diplomate que moi tu meurs. « Le sénateur McCain est la personne qui a chanté, ‘Bombarde, bombarde l’Iran’, qui a appelé à la destruction de la Corée du Nord. Je ne pense que cela soit un exemple de parler doucement ».

Mais, ce n’est pas avec un tel débat aussi courtois que McCain va rattraper son retard dans les sondages face à Obama. Il peut toujours se consoler en se disant que le candidat démocrate à la présidentielle de 2004 John Kerry avait été dans l’ensemble meilleur que George W. Bush lors de leurs trois débats mais que cela n’avait pas empêché ce dernier de gagner l’élection.

vendredi 3 octobre 2008

No surrender

Sarah Palin n’est pas du genre à capituler et elle l’a montré jeudi soir lors du débat avec son adversaire démocrate Joe Biden. Les dernières semaines ont été difficiles pour la candidate républicaine, ses entretiens à la presse suscitant moquerie et scepticisme sur sa capacité à occuper le poste de vice-présidente. Les sondages pour le ticket McCain-Palin ne sont pas bons et des rumeurs ont commencé à courir que McCain s’apprêtait à se débarrasser de Palin pour la remplacer par l’ex-candidat à la présidentielle Mitt Romney, qui a l’avantage de dire des choses un peu plus cohérentes sur l’économie.

Palin avait donc tout à perdre dans ce débat et elle s’en est sortie sans faire de gaffe, jouant avec application son rôle d’Américaine moyenne de l’Amérique profonde. « Bonjour, puis-je vous appeler Joe ? », a-t-elle lancé à son adversaire au début du débat, dessinant immédiatement le rôle qu’elle allait interpréter. Elle a répété avec conviction les classiques de l’idéologie républicaine (toujours moins d’Etat, toujours moins d’impôts, etc…) avec une dose de populisme. « Je pense que nous avons besoin d’apporter un peu de la réalité de Wasilla à Washington » (Wasilla est la ville en Alaska dont elle a été maire).

Au début un peu nerveuse (de temps en temps elle lançait un gros clin d’œil en direction des téléspectateurs qui n’avait rien de très vice-présidentiel), Palin donnait l’impression d’être une écolière récitant un poème appris la veille et se concentrant pour ne pas oublier son texte. Pendant tout le débat, Sarah Palin a montré qu’elle avait bien répété, prononçant sans faute les noms du président iranien Ahmadenijad, du président nord-coréen Kim Jong Il et « les frères Castro à Cuba », comme s’ils faisaient partie de ses préoccupations quotidiennes depuis des années.

Prenant de l’assurance, elle s’est mise à attaquer Biden et les démocrates : « Votre plan est le drapeau blanc de la capitulation en Irak et ce n’est pas ce que nos troupes ont besoin d’entendre aujourd’hui, c’est certain », a-t-elle dit avec un sourire en coin, satisfaite de son effet (les républicains acharnés ont dû adorer, cela correspond complètement à leurs préjugés sur les démocrates ). Le message en filigrane était clair : Sarah, elle, ne capitule jamais, que les choses soient dites à ceux qui se moquent d’elle. No surrender !

Et puis alors que la finance américaine s’effondre, que la dette du pays atteint des sommets, que les Etats-Unis sont toujours engagés dans une guerre coûteuse en Irak, elle a affiché un optimisme à toute épreuve, digne des meilleurs films hollywoodiens. « Le plus important est cette vision du monde que je partage avec John McCain. Cette vision du monde dit que l’Amérique est une nation exceptionnelle. Et nous sommes destinés à être cette cité brillante sur la colline, comme le président Reagan l’a si bien dit, nous sommes un phare d’espoir et nous y croyons ».

Un phare d’espoir ? C’est sans doute très exagéré actuellement.

jeudi 2 octobre 2008

C’est quoi la question ?

On ne sait pas très bien si Sarah Palin est tellement nerveuse qu’elle n’écoute pas les questions ou, plus inquiétant, qu’elle ne sait pas quoi répondre, mais les extraits de son entretien avec la journaliste de la chaîne de télévision CBS Katie Couric laissent perplexe sur sa compréhension des dossiers qui l’attendent si elle est élue avec John McCain à l’élection présidentielle du 4 novembre.

Ses prestations médiatiques visiblement commencent à faire douter les Américains. Un sondage de l’institut Pew, qui vient d’être publié, indique que 51% des Américains pensent qu’elle n’est pas qualifiée pour être présidente (ce qui arriverait en cas de décès d’un John McCain élu président), en nette hausse par rapport aux 39% qui avaient cette opinion il y a un mois.

Dans son entretien avec Couric, Palin est incapable de dire en quoi la proximité de la Russie avec l’Alaska lui donne une quelconque qualification en politique étrangère (voir article dans Ici Washington du 30 septembre), de citer une décision de la Cour suprême avec laquelle elle n’est pas d’accord et même de citer un journal qu’elle lit. Sans parler de l'incohérence de ses réponses sur l'économie.

Couric : Quels journaux et magazines lisiez vous régulièrement avant d’avoir été choisie – pour rester informée et comprendre le monde ?
Palin : J’ai lu la plupart d’entre eux et avec une grande appréciation pour la presse, pour les médias.
Couric : Mais lesquels précisément ? Je suis curieuse.
Palin: Um, tous, tous ceux que j’ai eu devant moi tout au long de ces années.
Couric : Pouvez vous citer l’un d’entre eux ?
Palin : J’ai une grande variété de sources où nous obtenons nos informations.

La comédienne Tina Fey s’est emparée du personnage de Palin pour la parodier dans l’émission de télévision Saturday Night Live. Elle a repris mot pour mot des passages de l’entretien avec Couric. C’est drôle, mais pas très rassurant.

mardi 30 septembre 2008

Numéro deux du monde

Ouah, trop facile la politique étrangère ! Une paire de jumelles, un bon livre d’histoire sur les relations internationales, un passeport, et vous voilà prêt pour devenir maître de l'univers. Vous n’y croyez pas ? Et bien écoutez la républicaine Sarah Palin, candidate au poste de numéro deux du monde. C’est tellement simple qu’on n’y avait pas pensé avant et cela devrait susciter chez les enfants américains des envies de carrière de maître de l’univers, à défaut d’être Superman ou Batman.

Voici en quelques extraits, la leçon de politique étrangère de la gouverneure de l’Alaska :

Interrogée le 11 septembre par un journaliste de la chaîne de télévision ABC News sur ce qu’elle avait appris à vivre si proche de la Russie, elle a répondu : « Ils sont nos voisins et vous pouvez actuellement voir la Russie depuis une île en Alaska ».

Il y a quelques jours, la journaliste de la chaîne de télévision CBS, Katie Couric est revenue sur le sujet dans un entretien avec Sarah Palin : « Vous avez cité la proximité de l’Alaska avec la Russie comme faisant partie de votre expérience politique, que vouliez-vous dire par là? Palin : L’Alaska a une frontière maritime avec un pays étranger la Russie et de l’autre côté une frontière terrestre avec le Canada… Couric : En quoi cela renforce vos qualifications en politique étrangère ? Palin : Cela les renforce certainement car nos voisins sont des pays étrangers et je dirige cet Etat (l’Alaska). Couric : Avez-vous été impliquée dans des négociations par exemple avec les Russes ? Palin : Nous avons des missions commerciales. »

Je vous laisse regarder cette vidéo :



A un autre moment, Katie Couric demande à Sarah Palin pourquoi elle n’avait pas de passeport jusqu’à l’an dernier et si cela voulait dire un manque d’intérêt et de curiosité à l’égard du reste du monde. Palin: “Je ne suis pas de ceux qui peut-être viennent d’un milieu, vous savez, les enfants qui obtiennent leur diplôme à l’université et à qui les parents donnent un passeport et un sac à dos et leur disent de voyager à travers le monde. Non, j’ai travaillé toute ma vie. En fait, j’ai eu deux métiers toute ma vie jusqu’à ce que j’ai eu des enfants. Je ne faisais pas partie de cette culture. La façon dont j’ai compris le monde l’a été à travers l’éducation, les livres, les média qui m’ont fourni beaucoup de perspective sur le monde ».

Son colistier John McCain a reproché l’inexpérience et la naïveté de son adversaire démocrate Barack Obama en matière de politique étrangère lors de leur débat vendredi.

Il n’a pas dû écouter les entretiens donnés par Sarah Palin. A moins qu’il ne soit dur d’oreille.

vendredi 26 septembre 2008

T’as vu mon bracelet ?

Ce fut peut-être le moment décisif du débat entre le candidat républicain John McCain et le candidat démocrate Barack Obama. Et dans les années à venir on se rappellera peut-être de ce moment comme « la bataille des bracelets ».

Sur le ton de la confidence, McCain nous a raconté l’histoire d’une femme qui est venue le voir lors d’un meeting électoral dans le New Hampshire. « Sénateur McCain, je veux que vous me fassiez l’honneur de porter un bracelet avec le nom de mon fils gravé dessus. Il avait 22 ans et il a été tué au combat près de Bagdad » - Matthew Stanley – « avant Noël l’an dernier ». Et je lui ai dit : « Je porterai son bracelet avec honneur ».

Et là Obama a sans doute vu s’envoler des millions de votes vers son adversaire et il ne pouvait pas laisser passer cela. « Laissez-moi faire juste une remarque. J’ai aussi un bracelet, de la mère du sergent Ryan David Jopek, qui n’a été donné à Green Bay. Et elle m’a demandé : « Pouvez-vous s’il vous plait m’assurer qu’une autre mère ne vivra pas ce que je suis en train de vivre ? ». C’est sûr que pour les téléspectateurs qui étaient un peu perdus dans la bataille de chiffres économiques, l’échange avait quelque chose de plus familier.

Autrement, Bush a eu les oreilles qui ont sifflé lors du débat. Dès son petit laïus d’introduction, Obama a résumé les choses de manière plutôt efficace : la crise financière “est le verdict final de huit ans de politiques économiques qui ont échoué, promues par George Bush, soutenu par le sénateur McCain”. « John, c’est votre président, avec qui vous avez dit être d’accord 90% du temps, qui a présidé cette orgie de dépenses et d’énormes déficits. Et vous avez voté pour pratiquement tous ses budgets. Aussi, être ici après huit ans et dire que vous allez contrôler les dépenses et équilibrer nos réductions d’impôts pour qu’elles aident les familles des classes moyennes, quand au cours des huit dernières années cela ne s’est pas produit. Je pense que c’est un peu dur à avaler. » Et là c’est McCain qui a vu des millions de votes s’envoler. Il a dû rendre les armes et abandonner Bush à son sort. « Il est bien connu que je n’ai pas été élu Miss Amabilité au Sénat ni avec l’administration. Je me suis opposé au président sur les dépenses, sur le changement climatique, sur la torture des prisonniers, sur Guantanamo, sur la façon dont la guerre en Iraq était menée. J’ai un long bilan en la matière et les Américains le savent très bien ». Encore un peu, il allait nous dire qu’il était démocrate.

Sur la défensive sur l’économie, McCain était en revanche beaucoup plus à l’aise sur la politique étrangère, son domaine de prédilection. Et il s’est montré plutôt sarcastique à l’égard d’Obama en ne cessant d’affirmer que ce dernier ne comprenait pas ce qu’il fallait faire. « Je crains que le sénateur Obama ne comprend pas la différence entre une tactique et une stratégie » (la plupart des téléspectateurs non plus sans doute) « Je ne pense pas que le sénateur Obama comprend qu’il y avait un Etat dans une situation d’anarchie au Pakistan quand Musharraf est arrivé au pouvoir ». Obama, moins à son aise que sur l’économie, n’a pas raté McCain sur l’Iran. « Je suis complètement d’accord que les présidents doivent être prudents dans ce qu’ils disent. Mais vous savez, venant de vous qui, dans le passé avait menacé d’extinction la Corée du Nord et chanté des chansons sur le bombardement de l’Iran, je ne sais pas si ce que vous dites est crédible ».

Mais tout cela n’a que peu de poids comparé à la bataille des bracelets.

jeudi 25 septembre 2008

Sarah Potemkine

Comment réussir à faire croire que la candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, a les compétences nécessaires pour occuper le poste si elle est élue par les Américains avec son colistier John McCain ? Et bien tout simplement en faisant des photos.

Nous avons eu mardi Sarah Palin avec Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat, éminence grise républicaine en politique étrangère. Sarah Palin avec le président afghan Hamid Karzaï. Sarah Palin avec le président colombien Alvaro Uribe. Mercredi, elle a enchaîné les rencontres avec les dirigeants de Géorgie, d’Ukraine, d’Iraq, du Pakistan et d’Inde. Pour elle, c’était vraiment une première. Elle n’avait jamais rencontré jusqu’à maintenant de dirigeants d’autres pays.

La gouverneure de l’Alaska a eu de la chance, ils étaient tous là à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Elle n’a même pas eu besoin de se rendre à l’étranger ou de se pencher à sa fenêtre en Alaska pour tenter de voir Vladimir Poutine en Russie et avoir l’air de s’y connaître en politique étrangère.

Il y a plus de deux siècles, Grigori Aleksandrovitch Potemkine avait eu la géniale idée de construire les façades de faux villages prospères pour cacher une réalité misérable à l’impératrice Catherine II de Russie lors d’une visite en Crimée. L’expression « villages potemkine » est depuis passée à la postérité.

Sarah Palin est un peu un village potemkine à elle toute seule. Tout dans la façade mais pas grand chose derrière. Pour la campagne McCain, il fallait remplir très vite ses lacunes en politique étrangère avant le débat la semaine prochaine avec le candidat démocrate à la vice-présidence Joe Biden, président de la Commission du Sénat aux affaires étrangères et vieux routier de la politique washingtonienne. Faute de temps, les photos font l’affaire.

Sinon, la formation est plutôt accélérée, c’est le moins que l’on puisse dire. “Les réunions sont très utiles et informatives”, a déclaré Sarah Palin à propos de ses rencontres à New York. Mais le masque va-t-il tomber lors du débat avec Biden ? La réponse la semaine prochaine.

dimanche 21 septembre 2008

Boulots de (bip)

C’est le journal américain The Onion qui nous livre cette information exclusive. Et les bourses du monde entier qui ont connu des moments particulièrement agités la semaine dernière pourraient se saisir de cette nouvelle pour repartir à la hausse.



A retenir, la phrase de Lou Warren, qui vient de perdre son poste d’ouvrier fixant des sièges sur des tondeuses à gazon en raison de la délocalisation de son entreprise en Equateur : “Mon grand-père avait un boulot de merde, mon père avait un boulot de merde, je voudrais un président qui garantit que mon fils aura un boulot de merde ».

Une petite réaction de M. Besancenot ?

jeudi 18 septembre 2008

Obamania : tournée mondiale

Nous poursuivons notre tour du monde de l’Obamania qui tel un virus s’est répandue à travers le monde. Cette fois-ci, nous nous arrêtons en Jamaïque avec Cocoa Tea, alias Calvin George Scott, un chanteur de reggae qui a choisi de dédier une chanson au candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama.



Nous ne sommes pas en mesure pour l’instant de démarrer la tournée mondiale de la Palinmania. L’enthousiasme pour la candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, semble très concentré dans son Etat de l’Alaska et dans quelques méga-églises évangéliques à travers le reste des Etats-Unis. Un chanteur country en après-skis pourrait faire l’affaire. Un Canadien est-il candidat ?

lundi 15 septembre 2008

Obamania à Venise

C’est moins impressionnant que le meeting à Berlin où le candidat démocrate Barack Obama a réuni cet été 200.000 Allemands en adoration. Mais cela correspond mieux à la nouvelle modestie de la campagne Obama. Dans cette vidéo, ce gondolier de Venise chante son soutien au candidat démocrate. « Comme beaucoup d’autres Italiens, nous aimerions voter pour le sénateur Obama mais comme ce n’est pas possible, nous voulons contribuer aux efforts d’Américains vivant en Italie en faisant ce que nous savons le mieux faire : chanter », nous explique ce gondolier qui brandit son t-shirt Obama 08. « Après huit ans dans le noir… le monde est en train de désagréger. Maintenant il y a Obama pour faire revivre le rêve américain…. Elisez Obama président », chante-t-il sur sa gondole.



Pas sûr que le message arrive jusqu’aux supporters de la candidate républicaine à la vice-présidence Sarah Palin en Alaska… Venise, c’est où ? A Las Vegas ?

vendredi 12 septembre 2008

Danser avec Ellen

Le talk show télévisé d’Ellen DeGeneres est un passage obligé pour les candidats à la présidentielle américaine. Le démocrate Barack Obama y est venu il y a quelques mois, et son épouse Michelle, il y a quelques jours. « Je dois dire, votre mari est un bon danseur, mais vous êtes une meilleure danseuse que lui », a déclaré Ellen. « Je sais. C’est ce que je lui dis depuis des années, je danse mieux que lui », lui a répondu Michelle.

Je vous laisse juger avec ces deux vidéos :





Et le candidat républicain John McCain dans tout cela. Et bien, il est venu chez Ellen il y a quelques mois mais il n'a pas dansé. On ne sait pas s'il a refusé ou si ce test de danse lui a été épargné.

jeudi 11 septembre 2008

Joe le gaffeur

Joe Biden, le colistier du candidat démocrate Barack Obama, est connu pour ses gaffes. Et bien, il ne déçoit pas. Comme vous pouvez le voir dans cette vidéo, il a demandé cette semaine à un paralytique de se lever de sa chaise roulante. Comprenant soudain qu’il n’avait pas de pouvoirs divins, Biden a demandé plus sagement à la foule de se lever pour applaudir le sénateur local Chuck Graham, bloqué dans son fauteuil.



Plus gênant politiquement, Biden a déclaré mercredi qu’Hillary Clinton était « aussi voire plus qualifiée » que lui pour être vice-président des Etats-Unis : « Franchement, cela aurait pu être un meilleur choix que moi ». Quel moral de vainqueur ! Les démocrates, rendus nerveux par les sondages, n’avaient pas besoin de cela.

On attend toujours les gaffes de l’inexpérimentée Sarah Palin, colistière du candidat républicain John McCain. Pour l’instant, elle a réussi à les éviter en ne s’exposant pas trop. Et sa première grande interview télévisée à la chaîne de télévision ABC News diffusée jeudi a montré qu’elle avait surtout bien appris sa leçon. Malheureusement dans la vraie vie, il ne suffit pas d’apprendre par cœur quelques fiches préparées par des conseillers pour savoir comment prendre des décisions de politique étrangère.

Si John McCain est élu, on souhaite vraiment qu’il reste en bonne santé.

mardi 9 septembre 2008

Dream team

L'automne sera peut-être la saison des regrets pour les démocrates. Le candidat républicain John McCain surfe sur le brillant coup tactique réalisé en choisissant comme colistière la pétillante Sarah Palin et l’avance qu’avait le candidat démocrate Barack Obama dans les sondages a fondu. Et certains commencent à se demander si Obama n’a pas fait une erreur en ne choisissant pas sa rivale des primaires Hillary Clinton comme colistière.

S’il l’avait fait, McCain n’aurait pas choisi Palin mais sans doute l’ex-démocrate Joe Lieberman et le duo n’aurait rien eu d’excitant. Ils auraient vraiment eu du mal à proclamer représenter le changement, avec le même aplomb que McCain-Palin, tout en proposant de mener en gros la même politique que la très impopulaire administration Bush. Maintenant, c’est le ticket démocrate qui ne semble pas excitant avec un Joe Biden, vieux routier de la politique washingtonienne, qui a franchement du mal à incarner la nouvelle manière de faire de la politique vantée par Obama. Au lieu d’apparaître divisés, comme ils l’ont été au début de leur convention de Denver fin août, les démocrates auraient été dopés par l’annonce (surprise, car si Obama avait pris cette décision, beaucoup de monde aurait été étonné) du choix d’Hillary. Les partisans les plus fervents (surtout ferventes) d’Hillary auraient hurlé leur joie (au lieu de ronchonner), ses riches donateurs auraient ouvert leur porte-monnaie avec moins de réticence. Et puis cela aurait été une excellente histoire pour les médias. Je vois déjà les titres : « The dream team ».

L’éditorialiste du New York Times Maureen Dowd, qui pendant les primaires démocrates n’a cessé d’exprimer sa détestation d’Hillary Clinton, semble maintenant avoir des regrets : « Vous savez ce que je pense, parce que vous y pensez aussi. Si Barack Obama avait choisi Hillary Clinton comme colistière, nous serions maintenant entrain d’attendre la plus grande nuit de l’histoire de la politique américaine : le débat le 2 octobre entre les deux candidates à la vice-présidente, Ma Barker (alias Hillary Clinton) et Sarah Barracuda (alias Sarah Palin). Maintenant, malheureusement, nous devrons attendre jusqu’à 2012 quand les deux concurrentes les plus acharnées de la campagne seront à n’en pas douter face à face lors du débat présidentiel, avec Palin bénéficiant toujours de la victoire en 2008 contre Obama (qui est maintenant de retour au Sénat organisant sa sous-commission sur l’Afghanistan) ». Pas très optimiste de la part de celle qui comparait il y a quelques mois Hillary Clinton à l’ombre et Barack Obama à la lumière.

Obama n’a pas voulu d’Hillary comme colistière, sans qu’on sache si c’est en raison d’une animosité personnelle, d’une crainte de se retrouver à la Maison Blanche avec le couple Clinton surveillant par-dessus son épaule ce qu’il fait ou d’un choix politique de couper avec les années de la présidence Bill Clinton. La haine suscitée par Hillary chez un certain nombre de partisans d’Obama est assez frappante. Les mêmes se sont déchaînés contre Palin d’une façon qui fait s’interroger sur la part de misogynie dans cette animosité à l’égard de ces deux femmes.

Et maintenant, on se demande si Obama n’a pas fait une deuxième erreur en refusant le financement public pour sa campagne, préférant lever lui-même des fonds, ce qui lui permet de ne pas être restreint par le plafond imposé par le financement public. Un article de New York Times révèle en effet cette semaine que, après des mois de collectes record, la campagne Obama n’a pas rempli ses objectifs ambitieux pour juin et juillet. En plus en refusant le financement public, Obama n’a pas respecté une promesse qu’il avait faite quelques mois plus tôt. John McCain peut compter lui sur les 84 millions de dollars de financement public et peut se concentrer sur sa campagne sans avoir à organiser des réunions avec des donateurs. Obama va devoir continuer à collecter de l’argent et n’aura finalement pas tellement beaucoup plus d’argent que son adversaire républicain, selon le quotidien.

dimanche 7 septembre 2008

Le monde de Sarah

Sarah Palin, la colistière du candidat républicain à la présidentielle John McCain, appartient à la droite religieuse américaine. Baptisée catholique à l’origine, elle a été rebaptisée à l’âge de 12 ou 13 ans à l’église pentecôtiste de l’Assemblée de Dieu, dans la petite ville d’Alaska où elle a grandi, Wasilla. Palin a fréquenté cette église jusqu’en 2002. Cette année-là, dans la perspective sans doute de sa campagne pour devenir gouverneur de l’Alaska, elle a changé d’église et a choisi la Wasilla Bible church, plus discrète et moins démonstrative, qui croit dans une lecture littérale de la Bible mais n’est pas pentecôtiste.

Malgré tout, ces années à l’église de l’Assemblée de Dieu ont façonné la vision du monde de celle qui aspire à devenir vice-présidente des Etats-Unis. Le pentecôtisme est une mouvance protestante évangélique qui croit que chacun peut être sauvé par la foi en Jésus et que la Bible a une autorité suprême et définitive en matière de foi. Les pentecôtistes croient aux guérisons miraculeuses et pensent que le baptême de l’Esprit-Saint est toujours accompagné au départ par la manifestation extérieure du « parler en langues », la glossolalie.

Si vous avez vu le film « Borat , leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan », le faux documentaire de Sacha Baron Cohen mettant en scène le journaliste kazakh, Borat, en voyage aux Etats-Unis, Borat se trouve à un moment dans une église pentecôtiste où il retrouve la foi.

Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir comment se déroule un vrai baptême dans une église pentecôtiste similaire à celle que Sarah Palin a fréquenté pendant environ 25 ans.

vendredi 5 septembre 2008

Médusés

Gonflés à bloc. Les républicains étaient extatiques mercredi à la Convention de St Paul qui a consacré John McCain comme leur candidat à l’élection présidentielle du 4 novembre. Et pourtant il y a quelques semaines, l’humeur n’était pas aussi joyeuse : le président sortant républicain George W. Bush est plus impopulaire que jamais chez une majorité d’Américains à cause de l’Iraq et de Katrina, John McCain est à peine toléré par la franche la plus conservatrice du parti républicain qui le considère comme pas assez à droite, le candidat démocrate, Barack Obama, est jeune et charismatique et incarne le changement, le conservatisme est considéré comme à bout de souffle aux Etats-Unis après plus de vingt ans de révolution reaganienne.

Mais soudain est arrivée la surprise. Une mère de famille de 44 ans qui a redonné aux républicains l’envie de gagner et incarne un conservatisme estampillé pur sucre, triomphant et sûr de lui. Sarah Palin, gouverneur de l’Alaska choisi par McCain pour être sa colistière, a tenu mercredi un discours offensif et a usé de son charme de femme ayant les deux pieds sur terre.

Et la presse et la gauche américaine ont regardé médusés le show Palin.

Les médias de centre gauche ont fait des commentaires pincés. Selon le New York Times, Palin n’a fait que le plus facile. « Son discours à la Convention républicaine, s’il a été prononcé avec assurance et accueilli avec extase par l’audience, pourrait avoir été la partie la plus facile », analyse Adam Nagourney. « L’écran de fumée Sarah Palin », écrit Katrina vanden Heuvel dans le journal progressiste The Nation. Mais elle s’inquiète : « Si les républicains réussissent à faire que cette élection porte sur autre chose que les sujets de fond, alors ils vont probablement gagner. S’il s’agit d’une femme gouverneur sympathique qui sait se servir d’un fusil et dépecer un élan, ou d’une commandante de la Garde nationale d’Alaska qui va à l’église, ils vont probablement gagner. Ou s’ils réussissent l’exploit de donner le sentiment que le ticket réactionnaire de droite McCain-Palin est plus ‘proche des gens’ que Obama-Biden dont la position sur les questions de fond est en accord avec des millions d’Américains qui veulent un gouvernement plus actif dans ces temps économiques difficiles, alors ils vont probablement gagner ».

Le candidat démocrate à la vice-présidence, Joe Biden, l’a joué sport en disant qu’il avait été impressionné par la manière dont Sarah Palin avait prononcé son discours. Il assuré qu’il attaquerait son adversaire sur le fond mais éviterait les attaques personnelles. « Je ne suis pas bon pour les petites piques », a-t-il dit. Et il s’en est pris aux commentaires virulents parus dans la presse et dans les blogs à propos de Sarah Palin, reprochant aux journalistes leur traitement « outrancier » et « sexiste » de la gouverneure d’Alaska. « Je pense que ces interrogations sur sa capacité à être gouverneur et vice-présidente et élever trois enfants, je ne sais pas qui sont ces gens mais ils ne connaissent pas de fortes femmes”, a-t-il dit.

Côté médias conservateurs, Sarah Palin est en train de devenir une héroïne aux pouvoirs quasi-surnaturels. « Sarah Palin a électrisé la convention républicaine mercredi, tout en réussissant à faire face à un prompteur déficient et à un texte qui n’était pas la version finale », écrit Fox News. « Pendant une partie de son discours, elle ne pouvait pas voir son prompteur à cause des pancartes qui lui barraient la vue. C’est alors qu’elle a ajouté la phrase où elle explique la différence entre une « Maman allant aux matchs de hockey » et un pit-bull – le rouge à lèvres », ajoute le site web de la chaîne de télévision admirative.

Selon l’institut Nielsen qui mesure les audiences, le discours de Sarah Palin a été écouté par 37,2 millions de téléspectateurs, soit 1,1 million de moins que pour le discours d’Obama à Denver. Et Nielsen remarque que seulement six réseaux télévisés ont diffusé le discours de Palin contre dix pour Obama.

Avec tout cela, on oublie que Sarah Palin est anti-avortement, anti-mariage gay, pro-armes à feu, pour la peine de mort, soutient les programmes éducatifs prônant uniquement l’abstinence sexuelle et l’enseignement du créationnisme (la thèse selon laquelle la Terre a été créée par Dieu et que l’homme ne descend pas du singe comme le dit Darwin dans sa théorie de l’évolution).

Vous avez dit sympathique ?

jeudi 4 septembre 2008

Sarah Barracuda

“Sarah Barracuda”, c’est le surnom que ses coéquipières de basket-ball au lycée lui avaient donné en raison de son jeu intense. Sarah Palin, la colistière du candidat républicain John McCain à la présidentielle, aime le sport et la chasse. Dans son enfance, elle allait parfois chasser l’élan avec son père avant d’aller à l’école.

Dans la vidéo ci-dessous, on la voit à une séance de tir d’entraînement lors d'une visite au Koweït en 2007. Et elle a l’air très à l’aise.



Tout cela ne donne aucune indication sur sa capacité à occuper le poste de vice-président des Etats-Unis si le "ticket" républicain est élu. Mais si elle pose vraiment problème à John McCain à la Maison Blanche, on sait maintenant qu'il pourra toujours l’envoyer à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan traquer Oussama ben Laden.

dimanche 31 août 2008

Paris Hilton 2012

Quelles sont les qualités pour figurer sur le ticket démocrate ou républicain pour l'élection présidentielle 2008 ? Expérience, connaissance des questions économiques et internationales.... Non, vous faites fausse route. Il faut être sexy, décontracté (e), charmeur (se), etc...

Et les vainqueurs sont, côté démocrate, le candidat à la présidence Barack Obama, et côté républicain, la candidate à la vice-présidence, Sarah Palin. Obama comme Palin ne peuvent guère se targuer d'une grande expérience mais cela ne semble pas être très important aux yeux d'une partie des électeurs et des responsables politiques américains.

Pour être juste avec Obama, les 18 mois de campagne électorale ont permis de tester sa capacité à convaincre, à résister aux attaques et à mener une stratégie victorieuse pour les primaires démocrates. Son parcours universitaire et professionnel font de lui un bon connaisseur d'une grande variété de dossiers. Malgré tout, il a battu Hillary Clinton en partie grâce à son physique séduisant, son éloquence et son attitude décontractée.

Le choix de la gouverneur de l'Alaska Sarah Palin comme colistière par le candidat républicain John McCain va encore plus loin dans la mise en valeur du charme personnel sur l'expérience. Elle est jeune (44 ans), elle est gouverneur de l'Alaska depuis seulement deux ans et a auparavant occupé la fonction de maire de la petite ville de Wasilla (6500 habitants) en Alaska. Et le plus important, elle a été Miss Wasilla en 1984 et est arrivée deuxième du concours de beauté Miss Alaska.

Conclusion de tout cela : La starlette Paris Hilton devrait se porter candidate pour l'élection présidentielle de 2012. Il y a quelques semaines, elle était apparue dans un spot télévisé pour se moquer de la campagne de John McCain qui l'avait utilisée pour faire une association peu flatteuse avec Barack Obama. McCain accusait Obama de n'être qu'une starlette de plus, comme Paris Hilton et Britney Spears.



Et vous constaterez que quand Paris Hilton parle de choses sérieuses, sa voix est plus grave et ne ressemble pas à ses minauderies habituelles.

Alors, rendez-vous en 2012.

vendredi 29 août 2008

Anti-messie

Barack Obama a choisi jeudi soir d'être l'anti-messie. Face aux attaques des républicains le comparant aux starlettes Paris Hilton et Britney Spears et aux critiques dans le camp démocrate lui reprochant ne pas être assez agressif à l'égard de son rival républicain John McCain, il a choisi de corriger le tir en apparaissant plus modeste et plus terre à terre. "Je réalise que je ne suis pas le candidat le plus probable pour ce poste. Je n'ai pas le pedigree typique et je n'ai pas passé ma carrière dans les couloirs de Washington. Mais je suis devant vous ce soir parce qu'à travers l'Amérique quelque chose frémit. Ce que les gens négatifs ne comprennent pas est que cette élection n'a jamais été à propos de moi, elle est à propos de vous".

Mais ce nouveau ton ne lui réussit pas très bien. Parler d'espoir et de changement de manière éloquente, il sait faire et il l'a prouvé brillamment depuis le début de cette campagne présidentielle, mais redescendre sur terre pour évoquer des choses concrètes et attaquer l'adversaire lui semble beaucoup moins naturel. Son colistier Joe Biden et l'ex-Président Bill Clinton ont été la veille bien meilleurs dans ce rôle. Obama semblait ailleurs quand il débitait son texte. Il a même eu un sourire de contentement plein de vanité, complètement à contre-temps, alors qu'il aurait dû afficher sa colère après avoir dit : "Et nous sommes ici parce que nous aimons trop ce pays pour laisser les quatre prochaines années ressembler aux huit dernières. Le 4novembre, nous devons nous lever et dire: huit c'est assez".

Le stade avec 75.000 personnes, les colonnes grecques, la scène avançant au milieu de la foule étaient en décalage avec cette modestie affichée. Les vues du stade donnaient l'impression de revivre les Jeux olympiques de Pékin et le fameux "Nid d'oiseau". On a même eu droit aux feux d'artifice. Cela avait été décidée par la campagne d'Obama quand le candidat démocrate avait une nette avance sur McCain dans les sondages. Mais ces derniers montrent désormais que les deux candidats sont au coude à coude.

Par la magie de la télévision et de l'éclairage, la majorité des Américains auront surtout vu chez eux un plan serré d'Obama avec en fond un décor ressemblant aux fenêtres d'une maison le soir, faiblement éclairées, ce qui donnait une impression intimiste. Après toutes les moqueries de la campagne McCain sur le "Temple d'Obama" (les colonnes grecques derrière lui), l'équipe d'Obama a réussi à rectifier le tir. La vidéo le présentant était également touchante et très réussie, dans la veine je suis un gars simple de l'Amérique profonde. On le voyait surtout entouré de Blancs de la classe ouvrière ou de la classe moyenne, en revanche pas de pasteur Jeremiah Wright, le très controversé pasteur qui a pourtant joué un rôle important dans la vie d'Obama. Pas non plus de palmiers d'Hawaï où Obama a passé son adolescence.

L'Anti-messie est né. Et il espère être élu le 4 novembre.

mardi 26 août 2008

Fraternité ?

Les conventions démocrate et républicaine sont en principe destinées à afficher l'unité du parti, la fraternité de leurs membres et un moral de vainqueur pour impressionner les électeurs. Mais les démocrates sont loin de démontrer cela cette année à Denver pour cette élection qu'ils ne doivent pas perdre, tant les républicains sont impopulaires après huit années de George W. Bush.

Petite revue de ce qui ne marche pas comme prévu.

- Les soutiens financiers d'Hillary Clinton, vaincue lors des primaires démocrates, grincent des dents : Les gros contributeurs de la campagne de l'ex-Première Dame ne se sont pas pour l'instant précipités pour financer la campagne de Barack Obama, selon une enquête du New York Times. Certains d'entre eux ne sont pas venus à la Convention de Denver, d'autres partiront avant le discours d'Obama jeudi, d'autres encore se plaignent des mesquineries de la campagne Obama en termes de chambres d'hôtels et d'accréditations. Un certain nombre disent être tenus à l'écart malgré leur volonté de contribuer à l'élection d'Obama, d'autres reprochent au candidat de ne pas faire assez pour aider Hillary Clinton à rembourser ses dettes.

- Première soirée de Convention et déjà des critiques venant... du camp démocrate : Un des conseillers de la campagne de Clinton, James Carville, a reproché l'absence de message. "Et bien si ce parti a un message, il a vraiment tout fait pour le cacher ce soir. On ne sent pas que le parti a un sentiment d'urgence", a-t-il dit sur CNN. Pendant ce temps, le gouverneur de Pennsylvania, Ed Rendell, un ancien partisan de Hillary Clinton, compare Obama à Adlai Stevenson, candidat démocrate malheureux aux élections présidentielles dans les années 1950 et symbole de l'intellectuel de gauche faisant de la politique. Barack Obama "est un peu comme Adlai Stevenson. Vous lui posez une question, et il vous répond en six minutes. C'est une réponse en six minutes très brillante. C'est intelligent, bien tourné, cela prend tout en compte. Mais ce n'est pas une bonne petite phrase." Conclusion: il va nous faire perdre.

- L'épouse de Barack Obama, Michelle, sur la défensive: C'est vrai que Michelle Obama s'est bien débrouillée pour son discours lundi soir à la Convention, mais elle était clairement en mode défensif, répondant aux attaques des républicains sur sa personnalité. Elle en a fait des tonnes pour prouver qu'elle était une bonne Américaine (pas celle qui dit qu'elle est pour la première fois fière de son pays), qu'elle est une bonne mère et forme une famille simple et adorable avec Barack et ses filles (l'échange entre la plus jeune et son père apparaissant sur un grand écran faisait un peu Ecole des fans de Jacques Martin). Trop en faire devient suspect.

- Bill Clinton fait la tête : L'ex-président a fait savoir avant la Convention qu'il n'était pas content de s'être vu demander de parler de politique étrangère mercredi soir alors qu'il aurait préféré parler des questions économiques et du glorieux bilan économique de sa présidence.

- Et puis, les sondages ne sont pas enthousiasmants : Le plus récent sondage Gallup, réalisé après l'annonce par Obama du choix de son colistier Joe Biden, donne un avantage de deux points à John McCain, la première fois depuis qu'Obama a remporté officiellement les primaires démocrates début juin que le candidat républicain prend l'avantage selon ce sondage actualisé régulièrement par l'institut. "C'est officiel: Barack Obama n'a pas bénéficié d'un coup de pouce en raison du choix du sénateur Joe Biden comme colistier", note l'institut de sondage. D'habitude, les candidats sont dopés par cette annonce, mais Obama a attendu seulement quelques jours avant la convention pour annoncer son choix. Les sondages d'ailleurs rendent moroses l'éditorialiste du New York Times pro-Obama, Bob Herbert. Selon lui, la réticence de certains électeurs blancs à voter pour un candidat noir n'est pas pris en compte complètement par les sondages. "Non seulement les sondages montrent que cela va être une élection serrée, mais les sondages, s'agissant du sénateur Obama, ne peuvent pas susciter une totale confiance. Il est fréquent qu'un pourcentage significatif d'électeurs blancs mentent aux sondeurs, ou refusent de dire leur préférence, lors d'élections où un candidat est noir et l'autre est blanc". Après avoir fait son propre calcul, il considère qu'Obama "est à la traîne actuellement" face à McCain.

- Et pendant ce temps, les républicains attaquent : ils ont décidé de faillir à la tradition de se montrer discrets pendant la convention de l'adversaire. Ils ont diffusé des publicités pointant du doigt les divisions entre démocrates. Mitt Romney, qui a été battu par McCain lors des primaires républicaines et pourrait être choisi comme colistier, mène l'attaque depuis Denver, reprochant à Obama d'être une célébrité sans expérience, de ne pas être prêt. Il accuse aussi Joe Biden de s'être trompé tout au long de sa carrière : "Son bilan d'erreurs en matière de politique étrangère est aussi long que ses années au Sénat" (36 ans).

- Et l'épouse de John McCain, Cindy, a été envoyée en Géorgie, pas l'Etat du sud des Etats-Unis mais le pays en conflit avec son grand voisin russe. Mardi, elle visitait à Tbilissi des centres de réfugiés qui ont fuit les récents combats entre les forces géorgiennes et russes. "Il y a beaucoup à faire ici et mon travail est de m'assurer que la communauté internationale n'oublie pas ce qui se passe ici", a dit Cindy, la multi-millionnaire, devenu soudain la Mère Teresa des Géorgiens.
Et elle a assuré que la date de sa visite n'avait rien à voir avec la Convention démocrate. Bien sûr, on ne peut que la croire.

lundi 25 août 2008

TGPR



TGPR. Mais quel est ce mystérieux acronyme ?

Ce sont les Très Gros Problèmes de Riches, vous répondront immédiatement les initiés. Et c'est ce qui semble accabler le candidat républicain John McCain. Interrogé la semaine dernière par un journaliste du site d'informations The Politico sur le nombre de propriétés qu'ils possède avec son épouse Cindy, il a été incapable de répondre. Les médias ont fait leur enquête et la réponse dépend de la manière de compter.

D'après le site Progressive Accountability, il possède dix propriétés. Il y a trois maisons dans son ranch à Sedona (Arizona), un appartement dans le centre de Phoenix (Arizona), un appartement à La Jolla (Californie) et deux appartements dans le même immeuble à Coronado (Californie) au bord de la mer, un appartement à Arlington, dans la banlieue de Washington. Il y a aussi un appartement loué et un loft acheté pour leur fille Meghan à Phoenix. Tout cela vaut plus de 13 millions de dollars, l'argent venant de Cindy McCain, héritière d'une fortune construite dans le commerce de la bière.

Voici une question que pourraient poser les journalistes qui suivent McCain: Quel moyen de locomotion utilisez-vous pour vous rendre d'une propriété à l'autre ?

dimanche 24 août 2008

Pschitt !!

Le suspense a duré pendant des jours. Mercredi ? Avant mercredi ? Après mercredi ? Avant samedi ? L’équipe de campagne du candidat démocrate Barack Obama nous a tenus en haleine pendant des jours sur le choix de son colistier pour l’élection présidentielle de novembre. On a même eu droit à : « ça y est, j’ai fait mon choix, mais je ne le vous dirai pas ». Les supporters du candidat qui s’étaient dûment enregistrés sur le site de campagne d’Obama (c’est toujours cela de pris pour le carnet d’adresses quand il faudra encore faire appel aux dons) devaient être les premiers informés par un message envoyé sur leur boîte email, en même temps que les médias. Avec une telle pression montant et tandis que le candidat républicain John McCain patinait sur le nombre de propriétés qu’il détient avec son épouse Cindy (ce n’est pas si facile d’être très riche, on n’arrive même plus à se souvenir si on a quatre, sept ou huit résidences), les spéculations sont reparties sur le choix d’Obama. Le journaliste vedette de la chaîne ABC News, George Stephanopoulos, se demandait si avec un suspense durant si longtemps, il ne valait mieux pas pour Obama annoncer une grosse surprise pour éviter une déception en cas de colistier pas très excitant. Les noms d’Hillary Clinton, vaincue par Obama lors des primaires démocrates, et d'Al Gore, l’ex-vice président battu à la présidentielle de 2000 par George W. Bush et devenu entretemps prix Nobel de la paix, étaient évoqués.

Et puis tout cela a fait pschitt !!, comme dirait l’ex-président français Jacques Chirac.

Plusieurs médias américains ont réussi à connaître le nom de l’heureux élu avant les supporters. La campagne Obama a dû batailler au milieu de la nuit de vendredi à samedi pour envoyer à des millions d'entre eux le message alors que le nom du colistier apparaissait en Une des sites d’information.

Et puis l’heureux élu est le sénateur du Delaware Joseph Biden, 65 ans, président de la Commission des affaires étrangères au Sénat. C’est un choix très raisonnable de la part d’Obama (baillement) mais on est loin de la Messie attitude dont il s’est servi pour battre Hillary Clinton. Alors qu’Obama n’a cessé de marteler le thème du changement lors des primaires, signalant son mépris pour les habitués de la politique washingtonienne tels Hillary Clinton, Joseph Biden arpente les couloirs du Capitol à Washington depuis… 36 ans. Il a été élu sénateur à l'âge de 29 ans quand Obama avait 11 ans.

Mais alors que les démocrates profitent de la vague de mécontentement anti-Bush et anti-républicain aux Etats-Unis, Obama ne décolle pas dans les sondages et reste au coude à coude avec McCain, qui propose pourtant en gros la même politique que Bush. Obama a donc choisi d’ajouter un peu d’expérience à son ticket, au détriment de la posture morale adoptée lors des primaires.

L’un des arguments avancés par l’entourage d’Obama contre un ticket Obama-Clinton était qu’il ne voulait pas entâcher son message de renouvellement en choisissant quelqu’un de trop représentatif de la politique washingtonienne. Et bien finalement, c’est ce qu’il a fait en choisissant Biden. Par ailleurs, Obama n’a cessé de mettre en avant le fait qu'il avait été contre la guerre en Irak dès 2002, à l'inverse de Clinton qui avait voté en faveur de l’autorisation donnée par le Congrès à Bush d’engager la guerre contre Saddam Hussein. Et bien Biden a voté à l’époque comme Hillary Clinton. Faut-il valoriser l’expérience en politique ? Ce qui était faux, selon la campagne Obama, en janvier dans les températures glaciales de l’Iowa (un jeune politicien de l’Illinois a eu raison sur l’Irak contre beaucoup de politiciens de Washington) est devenu vrai dans la chaleur de l’été à Denver (où se déroulera la Convention démocrate).

Finalement, la meilleure leçon de cynisme en politique est apportée par l’éditorialiste du New York Times, Frank Rich, qui semble avoir prêté sa plume aux spécialistes en communication d’Obama pour écrire ses éditoriaux. "Il est temps pour Barack Obama de donner le coup de grâce au 'Changement auquel nous pouvons croire' (son slogan pendant les primaires)... Alors que la course présidentielle suscite enfin la pleine attention du pays, la stratégie qui a permis de gagner contre Hillary Clinton doit être réinitialisée pour battre John McCain. 'Le changement auquel nous pouvoir croire' a été brilliamment calculée pour une empoignade familiale entre démocrates où chaque candidat promettait pratiquement le même changement par rapport à George Bush. Elle a fait d'Obama le seul candidat dont l'histoire personnelle, la crédibilité et le talent politique ont permis d'établir un lien entre la promesse de changement et le renouvellement générationnel dans toutes ses manifestations culturelles (et raciale). McCain devrait être une cible bien plus facile si Obama réinitialise son jeu."

Vu comme cela, la politique, c’est très simple.

jeudi 21 août 2008

J'adore les chiots



Les candidats à la présidentielle Barack Obama (c'est le démocrate) et John McCain (c'est le républicain) devraient prendre exemple sur Andrew Holdun. Vous ne connaissez pas ce jeune homme et bien moi non plus mais il a produit une vidéo qui pourrait donner des idées aux deux candidats épuisés, qui multiplient les attaques l'un contre l'autre, sans grand succès, puisqu'ils sont au coude à coude dans les sondages. Quelques messages simples: intégrité, honnêteté, patriotisme, courage, pas raciste (ça c'est pour McCain car cela peut toujours servir). Et puis surtout: "il adore les chiots". Avec cela Obama pourrait réussir à faire fondre les vieilles dames, qui pour l'instant lui en veulent d'avoir battu Hillary Clinton lors des primaires démocrates.

dimanche 17 août 2008

Phénix

Hillary Clinton a perdu les primaires démocrates mais elle n'a pas disparu du paysage politique, au grand désespoir de ses ennemis les plus acharnés. Début juin, elle reconnaissait sa défaite face à Barack Obama mais deux mois et demi plus tard, elle devrait, contre toute attente, être une des stars de la Convention démocrate (du 25 au 28 août à Denver). Et son sourire sera certainement impeccable.

Barack Obama a accepté que le nom d'Hillary soit officiellement sur les bulletins de vote de la Convention qui le choisira officiellement comme candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre. Clinton bien sûr n'aura pas assez de délégués pour vaincre Obama, mais très symboliquement elle va prouver une fois de plus que la compétition des primaires était serrée et peut-être donner des regrets à ses partisans et à d'autres démocrates qui commencent à douter qu'Obama puisse battre le candidat républicain John McCain.

La volonté d'Hillary de figurer sur les bulletins de vote à la Convention est à la fois révélatrice de sa personnalité (elle ne laisse rien passer) et de la situation où se trouve la campagne d'Obama à la fin de l'été. Il n'apparaît pas en position aussi favorable qu'il l'aurait souhaité et il ne peut donc pas ignorer son adversaire et ses partisans. Obama a besoin de montrer une famille démocrate unie et quelle meilleure image qu'Hillary Clinton concédant une nouvelle fois publiquement sa défaite et appelant à voter pour Obama.

Mais tout le monde n'est pas de cet avis. "Maintenant, on sait qui est le patron", écrit le New York Daily News, assez sévère à l'égard d'Obama. Hillary prononcera un discours le mardi le 26 août à une heure de grande écoute et sa fille Chelsea sera là pour la présenter à la foule des délégués. Bill Clinton parlera le lendemain en tant qu'ex-président. Et le jeudi, il y aura le vote symbolique. Trois jours de Clinton pour une convention qui dure quatre jours, ce n'est plus une convention à la gloire d'Obama, c'est le retour des Clinton. Bill soutient Barack du bout des lèvres et tout le monde le sait. Le show d'unité va vraiment sonner faux. On se souviendra qu'Hillary a perdu de peu, alors que trois mois auraient dû suffire à le faire oublier. Les médias vont traquer l'ex candidate pour surveiller ses moindres faits et gestes et les analyser. Si Obama perd l'élection, il aura offert un tremplin pour Clinton en 2012.

"Il va falloir vous y habituer, ils ne vont pas partir", commente Toby Harnden, du Daily Telegraph à propos des Clinton. Cela pourrait être en effet avant goût du partage des rôles si Obama est élu président. Hillary Clinton aura un poids au Sénat qu'il pourra difficilement ignorer. Les affrontements dans les coulisses de Washington pourraient être épiques. Une Hillary vice-présidente serait sans doute plus facile à contrôler (il suffit de l'envoyer à l'étranger aux moments politiques décisifs) mais Obama ne semble pas pencher pour cette solution. A n'en pas douter, on va continuer à entendre parler d'Hillary Clinton pendant les années à venir.

mercredi 13 août 2008

Fugees contre Abba

Le verdict est tombé: ce sont les Fugees contre Abba. Le groupe de hip hop américain et le groupe pop-disco suédois sont en effet arrivés en tête des dix chansons préférées des candidats démocrate Barack Obama et républicain John McCain, qui ont répondu au magazine de musique Blender.

BARACK OBAMA
1. "Ready or Not" Fugees
2. "What's Going On" Marvin Gaye
3. "I'm On Fire" Bruce Spingsteen
4. "Gimme Shelter" Rolling Stones
5. "Sinnerman" Nina Simone
6. "Touch the Sky" Kanye West
7. "You'd Be So Easy to Love" Frank Sinatra
8. "Think" Aretha Franklin
9. "City of Blinding Lights" U2
10. "Yes We Can" will.i.am

JOHN McCAIN
1. "Dancing Queen" ABBA
2. "Blue Bayou" Roy Orbison
3. "Take a Chance On Me" ABBA
4. "If We Make It Through December" Merle Haggard
5. "As Time Goes By" Dooley Wilson
6. "Good Vibrations" The Beach Boys
7. "What A Wonderful World" Louis Armstrong
8. "I've Got You Under My Skin" Frank Sinatra
9. "Sweet Caroline" Neil Diamond
10. "Smoke Gets In Your Eyes" The Platters

On a du mal à croire que les deux candidats soient complètement sincères sur leurs choix et qu'ils aient beaucoup de temps pour écouter de la musique. Leurs équipes de campagne ont sans doute procéder à quelques ajustements pour envoyer le bon message aux différentes catégories d'électeurs dont ils souhaitent s'attirer les voix. De ces deux listes qui ne sont pas très tournées vers l'étranger (le groupe de rock irlandais U2 réussit à entrer dans la liste d'Obama), on retient que les Beatles en sont les grands absents.

Les exégètes de la politique pourront interpréter les préférences des deux candidats. Obama a choisi "Ready or not" des Fugees alors qu'il tente de convaincre les électeurs américains qu'il est prêt à devenir président malgré son expérience limitée. On peut également voir un appel indirect dans le choix de "Take a chance on me" d'Abba par McCain, qui à bientôt 72 ans peut paraître un peu âgé pour présider aux destinées des Etats-Unis.

Avec Abba, McCain n'a pas pris un grand risque. Et même si le groupe suédois est inactif depuis plus de vingt ans, ses chansons restent toujours très populaires comme le montre la comédie musicale "Mamma Mia!" actuellement sur les écrans avec Meryl Streep.

Quant à Obama, certains l'accuseront encore de narcissisme avec le choix de "Yes we can" par will.i.am. Les paroles de la chanson qui a rencontré un énorme succès lors de la campagne des primaires démocrates ont été composées à partir de discours... d'Obama.

dimanche 10 août 2008

A qui le tour ?

Pour les amateurs de « scandales », les responsables politiques américains assurent le spectacle. A peine sommes-nous repus des détails croustillants des escapades tarifées de l’ex-gouverneur de New York Eliot Spitzer, que l’ex-candidat démocrate à la présidentielle John Edwards nous offre le scandale sexuel de l’été : son aventure extra-maritale avec une vidéaste, Rielle Hunter, 42 ans, alors que son épouse Elizabeth se bat contre le cancer. Il dément être le père de l’enfant que Hunter a mis au monde en février. Mais le cirque médiatique est enclenché. Les détails biographiques sur l’amante émergent. On apprend qu’elle a été la compagne de l’écrivain Jay McInerney et a servi de modèle pour le personnage principal de son roman « Story of my life », l’histoire d’Alison Poole, une jeune femme de 20 ans « sexuellement vorace » et amatrice de cocaïne, menant de front plusieurs relations sexuelles.

Ancien colistier du candidat démocrate à la présidentielle de 2004, John Kerry, John Edwards est le dernier d’une longue liste de responsables politiques cloués au pilori par la société américaine pour leur infidélité conjugale. La plupart sont venus faire acte de pénitence en public, leurs épouses humiliées à leurs côtés. Le plus pénible à regarder fut sans doute l’épouse d’Eliot Spitzer se tenant stoïque, le visage couleur cendre, derrière son mari faisant face à la presse. Edwards a retenu la leçon et n’avait pas sa femme Elizabeth à ses côtés pour l’entretien-confession avec la chaîne de télévision ABC news. Edwards s’est dit « honteux » de son comportement, Spitzer a évoqué ses « carences personnelles ». Avant eux, l’ex-parlementaire Mark Foley s’est dit “profondément désolé”, le sénateur David Vitter a regretté « un péché très grave » et a présenté ses « plus sincères excuses à tous ceux qu’il a déçus »...

En France, ce genre de questions est traité avec plus de légèreté. La Première Dame de France, Carla Bruni, dans un entretien au Figaro Madame l’an dernier avant de rencontrer son époux, avait déclaré qu’elle était monogame « de temps en temps ». « Je préfère la polygamie et la polyandrie », avait-elle ajouté. La presse américaine n’en revenait pas d’une telle audace.

En attendant le prochain scandale aux Etats-Unis, voici la liste des plus récents pécheurs :

+ Eliot Spitzer, 49 ans. Ex-gouverneur démocrate de New York. Le 10 mars 2008, le New York Times révèle qu’il est client d’un réseau de prostitution, Emperors Club VIP, faisant l’objet d’une enquête judiciaire. Il reconnaît avoir rencontré pendant plus de deux heures une prostituée payée 1000 dollars de l’heure, Ashley Alexandra Dupré, dans un hôtel de Washington. Spitzer a eu au moins sept ou huit rencontres avec des prostituées à travers cette agence au cours des six mois précédents, dépensant plus de 15.000 dollars. Le 17 mars 2008, il démissionne.

+ Larry Craig, 63 ans. Sénateur républicain de l’Idaho. Le 27 août 2007, le journal de Washington, Roll Call, révèle que Craig a été arrêté dans les toilettes de l’aéroport de Minneapolis-St. Paul le 11 juin 2007 pour avoir tenté de s’attirer les faveurs d’un homme dans la cabine jouxtant la sienne. Pas de chance pour Craig, il s’agissait d’un policier opérant dans le cadre de plaintes sur des activités sexuelles dans les toilettes. Il refuse de s’excuser : « Je ne suis pas gay et je ne l’ai jamais été… Je n’ai rien fait de mal ». Il d’abord annoncé qu’il démissionnait puis est revenu sur sa décision. Mais il ne se représente pas aux élections en novembre 2008.

+ Mark Foley, 53 ans. Ancien parlementaire républicain de Floride. Le 28 septembre 2006 par ABC News révèle qu’il est accusé d’avoir envoyé des emails sexuellement explicites à des adolescents travaillant comme stagiaires au Congrès. Il démissionne du Congrès le 29 septembre 2006.

+ David Vitter, 47 ans. Sénateur républicain de Louisiane. Ce conservateur anti-avortement et pro-armes à feu est identifié en juillet 2007 comme un des clients du réseau de prostitution dirigé par “DC Madam”, alias Deborah Jeane Palfrey, à Washington. En 2000, son épouse Wendy Vitter commentant le scandale Monica Lewinsky concernant le président d’alors Bill Clinton, avait dit : « Je suis beaucoup plus Lorena Bobbitt que Hillary (Clinton). S’il (Vitter) fait quelque chose comme cela, j’emporte avec moi une chose et ce n’est pas une pension alimentaire, faites-moi confiance », en référence au célèbre faits divers où Lorena Bobitt avait sectionné le pénis de son mari. Quelques années plus tard, Wendy Vitter n’a pas mis sa menace à exécution.

+ Kwame Kilpatrick, 38 ans, maire de Detroit (Michigan). Il est actuellement poursuivi par la justice pour parjure et obstruction à la justice. En janvier 2008, le Detroit Free Press a révélé l’existence de plus de 14.000 messages échangés entre Kilpatrick et son chef de cabinet Christine Beatty entre septembre-octobre 2002 et avril-mai 2003. Les deux, mariés à l’époque, avaient une relation ensemble. Les messages décrivaient leur utilisation de l’argent public pour s’organiser des escapades en amoureux. Le 18 mars 2008, le conseil municipal de la ville de Detroit lui a demandé de démissionner mais il refusé.

+ Jim McGreevey, 51 ans. Ancien gouverneur du New Jersey. Il a démissionné le 15 novembre 2004. Il a annoncé publiquement, en même temps que sa démission, son homosexualité et une relation avec un Israélien qu’il avait nommé conseiller à la sécurité, malgré son absence de qualifications en la matière. Cet Israélien le menaçait de poursuites pour harcèlement sexuel. McGreevey s’est séparé de son épouse après cette annonce.

mardi 5 août 2008

Amertume

Amer. Le mot avait valu quelques problèmes au candidat démocrate Barack Obama quand il l'avait utilisé il y a quelques mois lors d'une réunion à huis clos avec des donateurs à propos d'électeurs confrontés aux difficultés économiques. Ce qualificatif semble aller comme un gant à l'ex-président Bill Clinton qui a du mal à tourner la page des primaires perdues par son épouse Hillary. Il ne suffit pas de grand chose pour que son amertume explose.

Bill vient de faire encore des siennes. Lors de sa première interview télévisée depuis la défaite d'Hillary, il n'a pas pu s'empêcher de remâcher sa rancoeur. Il ne peut plus faire beaucoup de tort dans l'immédiat à son épouse. En revanche, Barack Obama, qui est dans un duel assez serré avec le candidat républicain John McCain, se passerait bien de ces commentaires qui montrent que la famille démocrate n'est pas vraiment unie.

L'entretien à la chaîne de télévision ABC News a eu lieu alors qu'il se trouvait au Liberia lors d'une tournée africaine sur le thème du sida pour sa fondation. ABC News raconte dans un article sur son site web que l'ex-président a d'abord déclaré qu'il ne voulait pas ressasser de vieilles histoires alors qu'il était interrogé sur son éventuelle responsabilité dans la défaite de son épouse. Mais ensuite, il s'est mis à défendre son rôle et à accuser les médias. A la question: "Est ce que personnellement vous avez des regrets sur ce que vous avez fait, en faisant campagne pour votre épouse?". Il a répondu: "Oui, mais pas ceux auxquels vous pensez. Et ce serait contreproductif pour moi d'en parler (...) Il y a des choses que j'aurais aimé lui dire de faire. Des choses que j'aurais aimé dire et des choses que j'aurais aimé ne pas dire". "Mais je ne suis pas un raciste", a-t-il poursuivi. "Je n'ai pas fait de commentaire raciste et je ne l'ai jamais attaqué (Obama) personnellement". ll faisait référence à ses propos au moment de la primaire de Caroline du Sud qui a suscité la colère de la communauté noire. Après la victoire d'Obama contre sa femme dans cet Etat, il avait semblé limiter l'importance de la victoire en notant que Jesse Jackson avait gagné la Caroline du Sud en 1984 et en 1988 lors de précédentes primaires démocrates. L'ex-président a assuré qu'il n'était pas en colère contre Obama: "Je ne suis pas et je n'ai jamais été furieux contre le sénateur Obama".

Bill a fini la campagne des primaires plutôt isolé, embarrassant ses amis par ses explosions de colère. Pendant des semaines, le monde politique et médiatique a décrit un ex-Président hors du coup, irascible, narcissique, multipliant les gaffes. « Qu’est-il arrivé à Bill Clinton ? Pendant des mois, cela a été un grand mystère de la campagne : comment l’homme politique le plus talentueux de sa génération pouvait-il devenir une incessante machine à gaffes », s'interrogeait en mai le journaliste Jonathan Darman dans Newsweek. Des hypothèses ont été avancées : l’ex-Président aurait passé trop de temps ces dernières années avec des milliardaires ou il aurait tenté inconsciemment de saboter la campagne de son épouse. Darman pensait plutôt que l’équipe de campagne d’Hillary avait décidé que Bill devait garder profil bas et ne pas trop déployer son charme. Et c’était un rôle que l’ex-Président avait du mal à endosser.

Le voyage en Afrique avant un discours à la Conférence internationale sur le sida cette semaine à Mexico était l'occasion pour Bill Clinton de retrouver une posture d'ancien président, sage parmi les sages, qu'il a perdue pendant la campagne des primaires. Mais son explosion d'amertume le fait apparaître de nouveau comme un has-been qui n’accepte pas que son heure de gloire soit passée et qui ne supporte pas l'idée que Barack Obama puisse le transformer définitivement en retraité de la politique.

samedi 2 août 2008

Pas d'Obamania pour Angelina

Alors que Hollywood est étiqueté par les conservateurs américains comme un repaire de la gauche limousine (version américaine de la gauche caviar), considérée comme acquise à la cause des démocrates, la très people Angelina Jolie, partie se refugier en France avec son people de mari Brad Pitt, affiche une tiédeur à l'égard d'Obama qui peut surprendre. Sans parler de son père, l'acteur Jon Voight, qui attaque vivement le candidat démocrate dans un point de vue paru dans le quotidien conservateur Washington Times.

« Je pense que les gens supposent que je suis démocrate. Mais je suis indépendante et je n'ai pas encore fait mon choix. Aussi, je regarde McCain ainsi qu'Obama », a déclaré l’actrice de 33 ans dans un entretien mi-juin à Entertainment Weekly. Le magazine s’interrogeait sur les éventuelles discussions politiques qu’elle avait pu avoir avec le réalisateur aux sympathies républicaines déclarées, Clint Eastwood, lors du tournage du film "Changeling" ("L'Echange") qui doit sortir sur les écrans cet automne. "Nous ne sommes pas aussi en désaccord que vous pourriez le penser (...) Clint peut m'apprendre des choses sur les sujets américains et je suis plus au courant des choses internationales", avait-elle dit.

Son père Jon Voight, 69 ans, s'est distingué dans un point de vue publié le 28 juillet dans le Washington Times et intitulé "Mes inquiétudes pour l'Amérique". C'est plutôt une diatribe: "Le sénateur Barack Obama a grandi en étant formé par des activistes blancs et noirs très en colère: le révérend Jeremiah Wright, Louis Farrakhan, William Ayers et le révérend Michael Pfleger (…) M. Obama dirigera ce pays dans le même état d'esprit". Et de poursuivre : "Le parti démocrate, dans sa quête du pouvoir, mène une campagne de propagande avec des messages subliminaux, faisant d’un homme une figure quasi-divine alors qu’il n’est pas à la hauteur (…) Les démocrates ont ciblé les jeunes gens, sachant comme il est facile de programmer leurs esprits. Je connais bien ce processus. J'ai été pris dans l'hystérie de l'époque du Vietnam ». Il accuse "les médias contrôlés par les démocrates" de brosser un portrait erroné d'Obama. "Si nous vivons pour voir Obama président, nous vivrons dans une ère socialiste que l'Amérique n'a pas connu avant et notre pays sera affaibli".

Après avoir lu cela, cela ne vous surprendra pas d’apprendre que John Voight, qui s'est fait connaître en jouant un apprenti prostitué dans "Midnight Cowboy" (1969) et a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour un rôle dans "Coming Home" (1978), a déclaré son soutien au candidat républicain John McCain. Aujourd’hui clairement un conservateur, il ne l'était pourtant pas il y a trente ans. En 1972, il avait activement participé à la campagne présidentielle du candidat démocrate très libéral (au sens américain) George McGovern.

mardi 29 juillet 2008

La geste de Barack l'Elu



« Et à la huitième année du règne du malfaisant Bush Le Jeune (L’Ignorant), quand toute la terre du désert d’Arabie aux rivages des Grands lacs eut été laissée exsangue, un Enfant est apparu dans l’étendue sauvage ». Cette ‘chanson de Geste’ intitulée « Il partit à l’aventure pour apporter la lumière au monde » est l’œuvre de Gerard Baker, correspondant du quotidien britannique The Times aux Etats-Unis. Sur des images empruntées à Fox News, il lit son dernier éditorial dans lequel il se moque de la tournée du candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama au Moyen-Orient et en Europe. “Quand il eut douze ans, on le trouva dans le temple dans la ville de Chicago, argumentant les aspects les plus subtils de la vie associative avec le Prophète Jeremiah et les Anciens. Et les Anciens furent étonnés de ce qu’ils entendirent et s’interrogèrent : ‘Véritablement, qui est cet Enfant qui ouvre nos coeurs et nos esprits à l’audace de l’espoir?’. Et il poursuit : « Et au cours des grandes Batailles des Caucus et des Primaires, il battit la calculatrice Hillary, épouse du roi déchu Bill Le Priapique et les hordes barbares de la classe ouvrière blanche… Et ainsi, avec le temps, avant le mois des moissons de l’année convenue, l’Enfant partit à l’aventure, pour la première fois, pour apporter la lumière au monde entier ». Et cela continue sur la même veine. Et c’est plutôt drôle. Baker se moque des médias américains et de l’accueil enamouré reçu en Europe : “De là l’Enfant s’est rendu à la cité de Jérusalem (…). Les hordes de présentateurs de télévision qui l’avaient accompagné de très loin ont chanté ‘Hosanna ‘’(…) Autour du monde, les températures mondiales ont commencé à chuter, et le niveau des océans à baisser et le grand réchauffement était terminé. Le Grand Prophète Al Gore du Nobel et de l’Oscar, dont beaucoup pensaient qu’il était l’Elu, a souri et à dit à ses disciples que l’Enfant était celui que des générations attendaient (…) Et il a voyagé vers l’ouest vers le Mont Sarkozy. Même la belle Princesse Carla de la tribu des Bruni a été sous le choc et est tombé amoureuse de l’Enfant, mais il n’a pas cédé à la tentation ».

dimanche 27 juillet 2008

Veni, vidi, vici

Il est venu, il a vu, il a conquis. Tel un empereur romain visitant les marches de l'empire, le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama a fait une tournée moyen-orientale et européenne digne des triomphes de la Rome antique et de retour aux Etats-Unis il pourrait faire sienne la célèbre phrase de Jules César. Il joue pourtant les modestes, s'inquiétant que les Américains aux Etats-Unis n'aient guère apprécié qu'il soit allé chercher un adoubement international à sa quête présidentielle. Au final, ce sont les Américains qui voteront et pas les 200.000 Allemands venus acclamer le futur nouvel empereur à Berlin.

L'aura messianique que cultive la campagne Obama fait penser à l'expression "Du pain et des jeux", en référence à la pratique de la Rome antique d'offrir gratuitement aux pauvres du blé et des jeux du cirque pour remporter le pouvoir. Obama n'a pas apporté de pain à la populace européenne, mais il leur a donné l'équivalent moderne des jeux: une tournée de rock-star. Son voyage moyen-oriental et européen était surtout là pour produire de bien belles images et entretenir le mythe d'une victoire inévitable. Une autre vedette internationale au hit-parade de la glamour-attitude, la Première Dame de France, Carla Bruni, s'est faite discrète lors de sa brève visite en France. Pour sans doute ne pas lui voler la vedette. Obama a expliqué à l'éditorialiste du New York Times, Maureen Dowd, qui l'accompagnait dans sa tournée triomphale, qu'il n'avait pas rencontré Mme Bruni. "Elle n'était pas là. Ce qui a déçu tout mon entourage. C'était la seule chose qui les intéressait vraiment", a-t-il dit.

Certains trouveront que la tournée d'Obama à l'étranger était un peu présomptueuse, comme si la victoire était acquise. La prochaine fois, en cas de succès à la présidentielle en novembre et pour continuer à amuser les foules, il ne lui restera plus qu'à traîner le vaincu, John McCain, enchaîné dans une cage.